Une vie réduite au strict « décor ». Pas de passants représentés, juste ce qui est immobile. « Je n’ai pas envie de donner une dimension de jouer avec des personnages, souligne Nicolas Pierre, je préfère que les gens puissent imaginer la vie qu’il peut y avoir ».

Depuis deux ans, ce jeune créateur parisien de 34 ans fabrique des maquettes miniatures d'éléments d'architecture et de vie du nord-est de Paris et de Seine-Saint-Denis, pour en sauvegarder l'âme. Une façon de garder « l’ambiance et l’atmosphère » des lieux de la capitale « qui changent le plus ». Voilà donc Paris en miniature découvert par le site Actu.fr. Les quartiers populaires en modèle réduit. Un travail étonnant de patience.

D’abord dessinateur et illustrateur, Nicolas Pierre a décidé « de passer en volume » pour reproduire « le mieux possible, en collant au maximum à la réalité ». Habitant depuis toujours dans le nord-est de Paris et en Seine-Saint-Denis, il a d’abord pensé sa démarche comme simplement « artistique ». Un art façonné avec « différents types de cartons, des objets détournés, des emballages » et un travail de peinture, le tout fait à la main. Un art qui, au fil des maquettes, a pris une dimension quasi historique.

Ce sont des paysages que tout le monde connaît, mais qu'on ne regarde pas forcément. Les reproduire en miniature ajoute de la poésie à ces endroits. « Quand j'ai commencé, je n'avais pas du tout intellectualisé cette partie de ma démarche, j'ai compris son sens après. J'ai eu la volonté d'ancrer la réalité de ces quartiers qui changent le plus, avant que ça disparaisse. J'ai eu envie de montrer cette ambiance, cette atmosphère ». Pour chaque maquette, il travaille environ trois semaines, à partir de photos et de Google Streetview, pour un rendu le plus minutieux possible raconte le site Actu.fr. Le trentenaire affectionne particulièrement les façades « graphiquement intéressantes, un peu lépreuses », différenciées par des tags par exemple. « Il faut qu’on sente qu’il y a du vécu, qu’il se passe des choses. C’est comme ça que je choisis mes immeubles. »

Sa dernière réalisation, un restaurant de la rue Boinod, l’illustre parfaitement. Anonyme en grandeur réelle, « La Casserole » et ses lampadaires de façade deviennent le centre de notre attention une fois réduits à quelques centimètres. « Les commerces marquent vraiment l’ambiance d’un quartier : l’épicerie, l’alimentation générale », explique Nicolas Pierre.

« Dans mes prochaines maquettes, il y aura Pigalle, et des immeubles de Saint-Denis aussi. J'ai aussi envie de faire une station de métro, un morceau du métro aérien ou des colonnes Morris ». Il a imaginé de reproduire une rue entière, raconte-t-il, « mais ça me demanderait certainement des années ! »

« J’ai forcément un pincement au cœur quand un commerce disparaît, mais je ne fais pas d’opposition avec le neuf. C’est un équilibre entre montrer comment c’était sans nostalgie. C’est un témoignage, une carte postale. » L'important, c'est de laisser une trace. Allez le voir sur son compte Instagram !

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https://www.instagram.com/nicolaspierreparis/

Photos ©Nicolas Pierre Street miniature

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