Potel et Chabot, une histoire d’émotions depuis 1820

« Les grands dîners parisiens, c’est nous ! » Depuis 1820, la maison Potel et Chabot n’a qu’un mot à la bouche. Il est vrai que dans le secteur des réceptions d’exception, l’enseigne occupe depuis plusieurs siècles un créneau sans concurrence tant son exigence est élevée. Sans avoir pris une ride, Potel et Chabot, traiteur haut de gamme, correspond toujours à l’image parfaite d’un art de vivre à la Française. C’est un privilège d’être invité à un mariage, un vernissage, ou à d’autres grands événements quand on sait que les Chefs de la société se trouvent aux fourneaux.

Née un an après la mort de Napoléon 1er à Sainte-Hélène, à l’époque où en France la gastronomie prenait son essor, Potel et Chabot devint la référence des fins gourmets, en particulier sous Napoléon III. C'est en 1820 à Paris que le maître pâtissier de la rue Vivienne, Jean-François Potel, rencontre Etienne Chabot, cuisinier réputé à la cour de Louis XVIII. Très vite, ils servent les maisons royales et les institutions, organisant par exemple la plupart des inaugurations de chemins de fer. En 1855, la maison orchestre les fêtes de Cherbourg en l'honneur de la reine Victoria. Quels gouvernements ou têtes couronnées ne lui commandèrent pas leurs fastueux menus ? Balzac, Colette, Alexandre Dumas et tant d’autres écrivains célèbres citèrent l’entreprise dans leurs œuvres tant ils en gardèrent le souvenir. « Paris n'a qu'un seul dîner, celui de Potel et Chabot » pouvait-on lire dans la presse en 1860. Deux siècles après sa création, la maison incarne toujours un art de vivre à la française.

Huit nouvelles signées par des écrivains, racontent les réceptions les plus emblématiques. Le célébrissime « Dîner des Maires » de 30 000 couverts aux Tuileries ‘La course du siècle’ en 1900, par la romancière Michèle Barrière, le dîner lors de la réception donnée pour Jackie Kennedy à Versailles ‘Du champagne pour J.K.’ en 1961, par le journaliste Denis Soula, ‘Le dîner des chefs’ étoilés à Versailles en 2011, par l’auteur Gérard Guy ou encore le dîner du siècle à Persépolis, ‘Dynastie’ en 1971 pour célébrer les 2 500 ans de l’empire Perse par l’écrivain Frédéric Couderc. Potel et Chabot se pose en maître d’œuvre !

Le 27 février dernier, 5 ans après son implantation à Shanghai, a eu lieu la soirée d’inauguration du Pavillon des Lumières de Chengdu. Ce magnifique château de 80 000 m 2 de surface construite a nécessité plus de 6 années de travaux, 28 000 m 3 de pierres d’origine française. Il offre, dans un style architectural hérité des châteaux français du XVIIIème, des volumes exceptionnels, une dizaine de grands salons avec près de 6 000 m 2 dédiés à l’organisation de réception. Avec ce vaisseau amiral, Potel et Chabot place la Chine au premier plan de son développement international.

Patrimoine précieux et toujours vivant, Potel et Chabot occupe des siècles après, une forme contemporaine on ne peut plus créative. Le livre « Une Histoire d’émotions » qui vient d’être publié relate depuis le 19ème siècle sa saga extraordinaire, mais pas seulement : « il invite le lecteur à la découverte d’une autre histoire, où le plaisir du palais se conjugue à la beauté d’un décor, la poésie d’un moment, dans une chorégraphie faisant appel aux cinq sens ! » s’exclame Stéphane Lévêque, directeur du Marketing et de la Communication de la société.

Dans ce beau livre édité par les éditions du Cherche Midi, on y retrouve à certaines pages, des encarts aux multiples anecdotes, mais aussi une application qui renvoie aux vidéos en réalité augmentée (sur Lisez) retraçant grands évènements et secrets d’histoires de recettes emblématiques (cristal de Saint-Jacques, soufflé véritable, éclaté́ poire-caramel…). A déguster !

Michèle Villemur

Une histoire d’émotions depuis 1820

Éditions Cherche Midi - 49 euros - 288 pages

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